La_grande_dame_et_le_petit_gar_on La grande dame et le petit garçon, Geert De Kockere, Kaatje Vermeire.- Rouergue 2010

Dans la ville habite une grande dame. « Elle mange sûrement les enfants, se disait le petit garçon ». Il l'observe, impressionné, son imagination galopante. Chaque élément du quotidien est transfiguré par les peurs enfantines. Sa taille fait d'elle une ogresse. Sa grande ombrelle est une épuisette à enfants. « La dame avait ensorcelé le petit garçon. Il avait peur d'elle mais il espérait la voir.» Il est aussi apeuré que fasciné. Puis quelques mots, un silence, un présent. Un échange de missives. Ils s'apprivoisent. Il prend conscience de sa solitude et elle ne lui paraît plus si grande. Quand enfin la vraie rencontre a lieu, elle dissipe les fantasmes cauchemardesques pour ouvrir sur des moments de vie simple, authentique, ludique : des châteaux de cartes, du chocolat chaud, du pain perdu pour une légèreté retrouvée. Les illustrations épousent les méandres de l'inconscient qui dissimule et laisse voir des ombres. Les matières, tissus, papiers peints aux motifs prégnants servent une symbolique onirique riche. Envoûtant.

Marie_et_les_choses_de_la_vie Marie et les choses de la vie, Tine Mortier, Kaatje Vermeire.- Le Sorbier 2011

Marie nait sous un cerisier alors que sa mère lisait... Mamie devient sa meilleure amie, aussi gourmandes de cerises qu'elles disputent aux oiseaux, que de gâteaux et d'histoires. La vie est un printemps perpétuel. Survient un accident et Mamie n'est plus celle qu'elle connaissait. Elle est devenue silencieuse et lente. Marie déploie toute sa créativité pour renouer et comprendre. Elle initie un nouveau langage de regards et d'images. Puis Papi meurt. Marie soustrait alors Mamie à la surveillance hospitalière pour partager avec elle ses adieux à Papi. C'est dans le mystère de cet instant magique, dépouillé, rendu à l'essentiel, que le printemps du partage revient. Un écureuil mutin veille, au fil des pages, comme l'esprit d'enfance qui les unit. Les illustrations sont une fête où l'imagerie de l'enfance et la grâce surannée de la vieillesse se conjuguent pour une rencontre unique d'une tendresse infinie, vibrante.