Le monstre de Milos

Agnès de Lestrade, Eric Gasté

« Milos a un monstre. Il ne sait pas toujours quoi en faire. Mais souvent il a besoin de lui. » Effectivement, ce monstre sympathique est assez volumineux, chaleureux, et joue son rôle à merveille : protéger Milos des méchants, le consoler lorsqu'il a du chagrin, faire qu'il ne se sente jamais seul et toujours aimé. Mais il est aussi embarrassant quand Milos essaie d'être avec les autres. Heureusement, il sait s'effacer quand il n'est plus nécessaire. C'est une fille qui lui fera quitter la scène en permettant à Milos de tisser une relation intime et valorisante, faite de parole, d'humour et d'attention, de celles qui nous révèlent à nous-mêmes et aux autres. Une nouvelle histoire autour de « l'ami imaginaire » dont la tendresse et l'intelligence affective touchent. La distorsion heureuse entre l'image et le texte dans certaines pages exprime bien la contradiction que le recours à l'ami imaginaire implique au quotidien, réconfort et isolement, autonomie et solitude. Ce monstre crayonné bleu et vert illustre l'incroyable inventivité de l'enfance face à la souffrance et la complexité des relations sociales, avec douceur et délicatesse.

Milan 2012